Les Voûtes 75013 Paris Les Frigos
Programme > L'association > Archives > Photoblog > Contact




PROGRAMME




Juillet 2013

Mercredi 17 juillet 2013 à 20h30

Concert Bambi Zombie

Bambi Zombie est né de la rencontre de trois univers aussi mélancoliques, épiques et sombres qu'une balade nocturne dans une forêt millénaire…
Pierre Boscheron, batteur - claviériste - sound designer, collaborateur de la première heure de -M-, construit un langage inspiré, des mélodies d'apesanteur, profondes et volubiles.
Epaulé par Pierre Fruchard dont les guitares savantes, poétiques et « serpentantes » participent à l'étrangeté et à la lenteur du voyage.
Pierre Cohen, jeune bassiste solaire, insuffle énergie et chaleur à cet univers musical aussi délicat et étrange qu'un faon revenu d'entre les morts…
Sur des arrangements rock souvent planants, la voix de Clémentine de Chabaneix laisse libre cours à une poésie destroy un rien déjantée et toujours juste. On pense à Tom Waits (Boneless Lover), à Cat Power (Les Adieux), voire PJ Harvey (Black Vulture), et on imaginerait bien Tim Burton leur demandant de faire la musique de son prochain film.
Le groupe emporte, enlace, embrasse. On rêve, on part loin, on revient et puis on tombe de haut, sans se faire mal, parce que nous aussi, comme le chante Bambi Zombie, on s'est accroché des ballons pour peser moins lourd.
JD Mohier

http://soundcloud.com/bambizombie
Image Isabelle Cochereau

(Entrée 8 euros)



Juillet 2013

Du vendredi 19 juillet au dimanche 21 juillet 2013

PARIS LOOP JUBILEE

Y2K13 International Live Looping Festival/Cie laBase

Paris, 9 juillet 1963.
Le théâtre Récamier accueille une performance de la troupe du dramaturge américain Ken Dewey, mise en musique par le compositeur minimaliste Terry Riley à l'aide d'une machine imaginée pour l'occasion par un technicien de la Radio Télévision Française dont l'histoire n'a pas retenu le nom. Cette machine, le Time Lag Accumulator, inaugure une nouvelle technique de composition en temps réel, le live looping, devenu cinquante ans plus tard une composante majeure de la redistribution des cartes entre musiques électroniques et électroacoustiques.

Paris, 19-21 juillet 2013.
Après Londres et avant Cologne, Berlin, l'Italie et la Côte ouest des États-Unis, l'édition française du Y2K13 International Live Looping Festival réunira quelques-uns des musiciens français et internationaux les plus originaux en la matière, qu'ils viennent du jazz, du rock, de l'expérimental, du classique ou de l'électro, pour trois jours de concerts et de démos dans un esprit de découverte, de rétroaction, de partage des technologies, de circularité et d'amitié entre les peuples.
 
Programmation :
 
Vendredi 19 juillet
20h00 - Pause technique : Edimdelsampler (Daniel Palomo Vinuesa)
20h30 - Michel Aumont (FR)

Compositeur et clarinettiste issu du conservatoire de Caen, compagnon de route de Valentin Clastrier, de Louis Sclavis et plus récemment de Dominique A, Michel Aumont insuffle à la musique traditionnelle bretonne un air nouveau à travers diverses formations exemplaires (BF15, grand orchestre armorigènE, Armorivielle Project, Indigène…). Après des débuts solo autour de l'Echoplex, il initie avec la complicité de Philippe Ollivier la création de Logelloop, soft qu'il utilise dorénavant avec toute la virtuosité qui lui est naturelle. 
http://www.michelaumont.fr/
21h10 - Imagho (FR)
Projet solo du guitariste, producteur et chroniqueur lyonnais Jean-Louis Prades depuis 1997, Imagho intègre traitements électroniques et field recording pour générer une musique mélancolique à la croisée du jazz, du folk, du post-rock et de l'electronica. Imagho a signé cinq albums et initié de multiples projets parallèles d'obédience plus noise et improvisée (Baka !, Sketches of Pain, Frz-Imagho…). Depuis 2009, ses enregistrements sont distribués par l'excellent label Toulousain We Are Unique records et « Inside looking out » a été nominé aux Qwartz dans la catégorie « meilleur album ».
http://www.imagho.fr/
22h30 – Trio saison (Daniel Palomo Vinuesa/Nelly Meunier/Nabil Bouteldja) (FR)
Saxophoniste, compositeur intransigeant naviguant entre abstraction et esprit dada, jazz, rock et musique concrète, Daniel Palomo Vinuesa n'a eu de cesse d'expérimenter depuis les années 1980 les rapports entre acoustique et électronique au sein de divers collectifs (Serendipity, Panopticon) et dispositifs orchestraux. Son nouveau trio réunit Nelly Meunier (clarinette, voix, boucles) et Nabil Bouteldja (percussions).
http://vinuesa.perso.neuf.fr/
 
Samedi 20 juillet
16h00 - Andysan (FR)
Formé au conservatoire de Toulouse, le violoncelliste Andreï Jourdane poursuit une double carrière de concertiste (Orchestre du Capitole, Ensemble Intemporel…) et d'enseignant. Passionné de composition et d'informatique musicale, c'est tout naturellement qu'il s'oriente vers les technologies du live looping. Le Paris Loop Jubilee sera en la matière son baptême du feu.
http://www.andreijourdane.eu/
16h40 - In Mobile (FR)
Derrière le projet polymorphe In Mobile se dissimule Olivier Malhomme, multi-instrumentiste et compositeur prolifique d'une folle variété, esprit tout de rigueur et de fantaisie, un genre de Pessoa du rock progressif, fondateur de l'IRAM (Institut de restauration des Audiogrammes Martiens) et créateur de pièces guitaristiques d'une parfaite originalité.
https://soundcloud.com/in-mobile
17h20 - Pause technique : RC 505 (Roland), présenté par Tioneb.
18h00 - Booster Echoplex Project (FR)

Guitariste, batteur et luthier bricolo né au mix dans le chaudron groovy de Radio Nova à la fin des années 1990, gravé pour l'éternité sur le label Blue Note (« Loop in release », 2001), Booster balade depuis toujours sa silhouette nonchalante entre le funk le plus débridé et l'expérimentation jazz tous azimuts. Installé à Lyon où il a intégré le Grolektif, il donne désormais libre cours à ses deux passions sous la forme d'un big band (Booster goes P-Funk) et, en solo ou avec ses invités, de l'Echoplex Project.
http://boosterized.com/
18h40 - LpLpo (FR)
On voit depuis quelque temps surnager dans le cyberspace un étrange invertébré dispensant toutes tentacules dehors une inquiétante pop Lo-fi du meilleur effet. Il s'agit d'un poulpe, mais pas de n'importe quelle espèce. Celui-ci, nourri de musique psychédélique et sérielle, d'indie et de krautrock, applique à la lettre une des « stratégies obliques » de Brian Eno et peter Schmidt : « Examine avec attention les détails les plus embarrassants et amplifie-les ». Nous sommes particulièrement heureux de l'avoir pris dans notre épuisette.
http://lplpo.bandcamp.com/
19h20 - Pause technique : Drile (Florent Berthaut)
20h00 - Rick Walker (US)

Agitateur de sons et d'idées, génial percussionniste, théoricien reconnu des rythmes extra-occidentaux, poly-instrumentiste total, professeur recherché, inventeur d'une multitude de dispositifs électroniques, concepteur du Looperlative LP2, Rick Walker fait figure de chef de bande du mouvement Live looping mondial dont il réunit chaque année les meilleurs représentants à l'occasion de son festival, le Y2KX+1, en Californie, incontestable Mecque des loopers. C'est un honneur de le recevoir à Paris.
http://www.looppool.info/
20h40 - Tioneb (FR)
Depuis quelques années, les beatboxers se sont emparé avec énergie des techniques du live looping jusqu'à en devenir aujourd'hui la mouvance la plus visible. Au dubstep cru de ses collègues, Tioneb apporte une note délicieusement soul et toute l'étendue d'un savoir-faire forgé au contact du batteur Leon Parker et au sein du duo electro-jazz Human Player. En 2012, il décroche le titre de champion du monde au BOSS Loop Station World Championship de Francfort.
http://www.tioneb.org/
21h20 - Pause technique : Meta-trombone (Sylvain Poitras)
22h00 - Amy X Neuburg (US)

Figure distinguée de l'avant-garde américaine, Amy X Neuburg développe depuis 25 ans son travail de compositrice et de performeuse dans le domaine de la musique vocale et électronique. Pionnière du live looping, elle met dorénavant à profit sa tessiture de quatre octaves, son instinct théâtral inné et une ironie mordante pour créer un « avant-cabaret » qui doit autant à Meredith Monk qu'à la comédie musicale. D'elle, John Adams dit « qu'elle est la meilleure chose arrivée d'Oakland depuis Jack London ».
http://www.amyxneuburg.com/
22h40 - Luca Formentini (IT)
Luca Formentini a toujours considéré la guitare moins comme un instrument que comme la source potentielle de sons dédiés à la transformation, au traitement analogique ou digital. Il utilise le live looping depuis 1992 dans cette optique, générant des clusters et des nappes d'une profonde et belle étrangeté. Luca a collaboré avec des musiciens de pays et de contextes très divers parmi lesquels Markus Stockhausen, Jean-François Zygel, Steve Lawson, Franck Vigroux, Theo Travis, Tellef Ogrim…
http://www.unguitar.com/
 
 
Dimanche 21 juillet
16h00 - Midi Learn (FR)
Guitariste, compositeur et concepteur de dispositifs numériques pour le spectacle vivant, Jean-François Domingues a poussé le patching dans Usine à son extrême limite afin d'élaborer une interface de live looping révolutionnaire, Noundo. En compagnie d'un autre transfuge de la communauté Usine, le batteur Thomas Sisqueille, le projet Midi Learn sera porté pour une immersion glitch sur les fonds baptismaux du Paris Loop Jubilee.
16h40 - The lucid brain integrative project (FR)
Emmanuel Reveneau explore la création numérique à la façon du pygmée sa forêt sans bords, traçant un chemin creux la tête pleine de grands mythes : la première et la seconde cybernétique, l'école de Canterbury, l'art total...
Partant du principe que le cerveau humain reste le calculateur le plus puissant, chaque performance solo éprouve à travers la pratique du live looping les relations équivoques du corps à la machine, et de l'esprit avec lui-même. Emmanuel Reveneau coordonne par ailleurs le Paris Loop Jubilee.
https://www.youtube.com/user/TheLucidbrain?feature=mhee
17h20 - Pause technique : Mini-Looper LP2 Looperlative (Rick Walker)
18h00 - The Hobart Phase (FR)

Ce projet réunit le percussionniste et chercheur en informatique musicale Florent Berthaut a.k.a Hitmuri et le graphiste Damien Arnaud a.k.a Tabaramounien. Le duo propose des improvisations sonores et visuelles créant une œuvre homogène où puissent librement dialoguer l'image et le son. Florent Berthaut présentera par ailleurs ses travaux autour du concept de « live looping hierarchique » et de l'instrument de musique virtuel immersif Drile.
http://thehobartphase.net/
18h40 - Sylvain Poitras (CAN)
Philosophe de formation, Sylvain Poitras explore la circularité et l'autoréférence dans le domaine de la vidéo, de la bande dessinée et de la musique électroacoustique : qu'il utilise des images, des mots ou des sons, il s'agit avant tout pour lui de brouiller les frontières entre la chose et sa désignation. Concepteur de logiciels et tromboniste, c'est tout naturellement qu'il invente le « meta-trombone », un système de traitement sophistiqué qui curieusement l'entraîne sur les terres du free-jazz des origines.   
http://www.sylvainpoitras.com/
19h20 - Pause technique : Noundo (J.-F. Domingues, E. Reveneau)
20h00 - Laurie Amat (US)
Diva noisy, performeuse incandescente, exploratrice hors-normes des possibilités émotionnelles de la voix, collaboratrice au long cours des Residents, du pianiste et activiste tchèque Mirek Vodrážka, et de son regretté mentor, le pionnier de l'informatique musicale Max Mathews, la plus européenne des loopers américains multiplie avec gourmandise les expériences en Europe et aux États-Unis, armée de son Line 6 DL4 et d'une confiance à toute épreuve dans la beauté des êtres et du monde.
http://www.myspace.com/laurieamat/
20h40 - Michael Peters (D)
Élève de Robert Fripp, pivot de la communauté Live looping et préhistorien de la discipline, Michael Peters sculpte depuis la fin des années 1970 et ses premières expériences sur bandes magnétiques une matière sonore d'une richesse et d'une sensibilité laissant loin derrière la cohorte de guitaristes « ambient » qui représentaient encore jusqu'à très récemment la principale composante du mouvement. Compositeur prolifique désormais passé au tout numérique, Michael Peters exploite divers processus pour créer lors de ses improvisations des structures génératives d'une imperturbable beauté, sans jamais céder à la facilité.
http://www.michaelpeters.de/
 
http://www.parisloopjubilee.com/
https://www.facebook.com/ParisLoopJubilee

Vendredi 19 juillet à 10h et samedi 20 juillet à 10h30, la Cie laBase propose On s'en mêle, un spectacle jeune public à partir de 5 mois.
Tarif unique 6€. Réservation indispensable au 06 81 20 81 57.
Davantage d'infos sur le site de la Cie laBase : http://www.allolabase.com

(Entrée — 8 euros/jour et 15 euros le pass festival 3 jours)






1963-2013. Cinquante ans de Live Looping.

En 1963, le Théâtre des Nations, festival parisien de théâtre international, invite la troupe du dramaturge américain Ken Dewey à présenter une performance au théâtre Récamier. Le festival se fait l'écho d'un nouveau mouvement qui a pris son essor à New-York et en Californie, le happening, initié en 1957 par Allan Kaprow, un élève de John Cage. L'American Conservatory Theatre (ACT) de Dewey est multidisciplinaire, on y trouve des membres du Living Theatre et de la troupe de la chorégraphe Anna Halprin. Tout ce petit monde expérimente en Californie de nouvelles formes de théâtre et de chorégraphie « multimedia » en association avec les membres du San Francisco Tape Music Center, un groupe de musiciens passionnés de création sonore à partir de manipulations de bandes magnétiques, dont Terry Riley qui a créé en 1962 « Mescalin Mix » pour un spectacle d'Halprin.
En 1963, Riley vivote à l'époque à Paris en jouant des standards de jazz dans les bars de Pigalle et sur les bases de l'OTAN. Il rencontre Dewey, lequel lui propose de créer la bande-son de la performance qu'il compte donner en adaptant sa pièce « The Gift », montée l'année précédente à San Francisco. Dewey loue un château en ruines dans la banlieue sud de Paris pour les répétitions, Riley lui propose de travailler avec Chet Baker – tout juste sorti de prison en Italie pour possession d'héroïne – et son quartet en tant que musiciens et comédiens. Le quartet comprend Luis Fuentes (trombone), Luigi Trussardi (contrebasse) et George Solano (batterie), et joue régulièrement au cabaret le Chat qui pêche, rive gauche.
Riley enregistre le quartet (ensemble, puis séparément) dans les studios de la Radio Télévision Française, installés au Théâtre Sarah Bernhardt (actuel Théâtre de la ville) pour les retransmissions des spectacles du Théâtre des Nations. Baker choisit d'interpréter « So what » de Miles Davis, une pièce modale parfaitement adaptée aux intentions de Riley qui enregistre par ailleurs des extraits du texte de « The Gift » récités par John Graham. Riley décrit à l'ingénieur-son de la RTF présent pour l'aider au mixage le principe d'écho utilisé lors de l'enregistrement de Mescalin Mix. Écoutons Riley : « J'ai décrit cet effet à l'ingénieur français, un homme très sérieux avec un manteau blanc, qui bricola un moment avant d'assembler deux magnétophones ensemble. Mon dieu ! Le son que j'ai entendu était exactement ce que je cherchais… Tout ce que vous avez à faire est de réunir deux magnétophones. Le premier joue, le second enregistre, la bande circule entre les deux têtes de lecture. Quand la première machine enregistre, elle envoie le signal à l'autre machine qui joue ce qui a été ajouté. Cela n'arrête jamais de s'accumuler… » Répétition et accumulation : le Time Lag Accumulator est né, modifie définitivement l'approche musicale de Riley et l'entraîne logiquement vers la composition l'année suivante de la pièce fondatrice de la musique minimaliste, In C. Riley utilisera par ailleurs un système équivalent durant toutes les années 60 au cours d'improvisations qui pouvaient durer toute la nuit, en s'accompagnant à l'harmonium et au saxophone.
Quand Chet Baker entend le résultat passé à la moulinette du Time Lag Accumulator, il s'écrie « Man, that's some crazy shit ! » Il n'est pas le seul à réagir négativement à cette déstructuration en règle de sa musique. Les représentations de « The Gift », les 8, 9 et 10 juillet 1963, provoquent l'incompréhension, voire la colère du public parisien venu essentiellement pour entendre le trompettiste et s'attendant à un genre de comédie musicale. Baker n'est même pas présent à la première et Riley le remplace au pied levé en utilisant un débouche-lavabo en guise de trompette. Comédiens, danseurs et musiciens sont installés sur un immense mobile en métal pendu au plafond, œuvre du sculpteur Jerry Walters, dans un équilibre précaire. L'argument de la pièce, un objet circulant de main en main, s'improvise à chaque représentation et permet toutes sortes de provocation obligeant les musiciens à jouer plus fort pour couvrir les cris de la foule. Au jazz du quartet répond le maelstrom sonore de la musique de Riley. Le dernier soir, un acteur conclut sa réplique « This is an incredible experience » en détruisant magnétophones et bandes dont il ne restera au final que des fragments, les 23 minutes d'enregistrement connues depuis lors sous le nom de « Music for the Gift ».