Les Voûtes 75013 Paris Les Frigos
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PROGRAMME
Mars 2011



Vendredi 4 mars 2011 à 21h00.

Un concert ali_fib
Stephan Mathieu (GER - Columbia Phonoharp zither, computer)
Our Love Will Destroy The World aka Campbell Kneale (NZ - electronics)

— Stephan Mathieu (ALL - Phonoharp Columbia, ordinateur)
Quiconque a succombé aux énigmatiques morceaux du musicien de gospel Washington Phillips ( Mississippi Records a compilé l'essentiel de ses enregistrements des années 20 sur What Are They Doing in Heaven Today? : http://www.youtube.com/watch?v=CXnRudjCh9c ), a très certainement été captivé par l'instrument qu'utilise Phillips : dolceola ? Celestophone ? Phonoharp ? La graine de fascination a germé. Les hypothèses et avis musicologiques sur l'instrument utilisé ont fleuri. Parmi les convertis s'est trouvé un collectionneur de 78 tours et d'instruments antédiluviens, plus certainement connu comme l'un des grands architectes sonores de ces 15 dernières années : Stephan Mathieu. C'est de cet instrument, le Phonoharp Columbia, que Stephan jouera aux Voûtes, son Mac (plus si "sad") à portée de mains.  
Le nom de Stephan Mathieu reste d'abord associé à la scène musicale électronique qui a vu son nom émerger à la fin des années 90, aux côtés de ceux de Akira Rabelais, Taylor Deupree, Ekkehard Ehlers, Janek Schaefer, ...Son travail a été publié par une ribambelle de labels clés de ces années qui résonnent de glitch, de lowercase music et de Max MSP : 12k, Line, Orthlorng Musork, Lucky Kitchen, Fällt, Korm Plastics, Headz, Ritornell, Häpna, Spekk, Sirr, ... 
La musique de Stephan Mathieu ne saurait cependant être circonscrite à ce périmètre, au risque de se méprendre sur l'échelle de son travail et les questions qui le traversent en permanence et le conduisent à redéfinir son mode opératoire à intervalles réguliers : échantillonnage, analyse spectrale, convolution, traitement sonore en temps réel de sources variées en séquences de durées variables, .... 
Percussionniste de formation, sculpteur de fréquences, artiste sonore, architecte d'environnements musicaux, enseignant, Mathieu a assez précocement interrogé son (second) outil de travail  - l'ordinateur et son flot de patchs et de softs. Or, en plaçant ce dernier au coeur de ses réflexions, il l'a surtout relayé à la périphérie de son instrumentarium - juste place ?. Non sans ironie, l'auteur du Sad Mac et de la Kapotte Muziek a ainsi progressivement intégré à sa maîtrise de la "digitalia" des lignes analogiques, des instruments et technologies d'un autre temps : Virginal de la Renaissance, orgues Philicorda, gramophones, radios, ...tout en multipliant les références dans son travail à quelques fondations de la musique expérimentale du 20ème siècle (cf. son projet Virginals proposant une relecture d'oeuvres de Alvin Lucier, Phill Niblock, Walter Marchetti, Charlemagne Palestine, ...). 
Juste retour des choses du reste puisque Stephan Mathieu, le percussionniste des années 1990, était aussi un interprète... de Stockhausen, Cage et Brown. 
C'est dire que la musique de Stephan Mathieu s'est toujours inscrite dans un temps long, une durée qui n'est pas celle des modes journalistiques et des chapelles technologiques, une temporalité, une profondeur, un ancrage, une mesure que ce concert aux Voûtes permettra, je l'espère, d'entr'apercevoir, sans distortion, problème d'échelle, de perspective ou de mise au point. 
"Mathieu shows that that most functional and impersonal of musical instruments, the laptop, is capable of producing work not only of great beauty, but of mysterious and powerful emotion.” - Dan Warburton (Paris Transatlantic)

Le site (très documenté) de Stephan Mathieu : http://www.bitsteam.de/
Sa discographie illustrée : http://www.bitsteam.de/wp/?page_id=31
Une vidéo sur les Virginals : http://www.bitsteam.de/wp/?page_id=28
Sur l'installation Constellations : http://www.bitsteam.de/wp/?page_id=243

— Our Love Will Destroy The World aka Campbell Kneale (NZ - électronique)
La dernière fois que Campbell Kneale est venu vociférer un maëlstrom de fréquences, c'est le plafond des Instants Chavirés qui a en profité : on pouvait voir la poussière s'en décrocher et tomber comme une fine neige. C'était en 2007. ali_fib avait invité Campbell et son projet d'alors, Birchville Cat Motel, à jouer aux côtés de Jack Rose, Ignatz et Silvester Anfang. Souvenir d'une salle chauffée à blanc. 150 cages thoraciques en résonance.  
Campbell revient donc pour la deuxième fois, sous un autre nom : Our Love Will Destroy The World, son projet musical depuis 2008, déjà documenté de 15 cassettes, LPs, cd/rs et 7" sur Dekorder, Blackest Rainbow, Krayon,  Don't Fuck With Magic, ... 15 sorties en forme de cadavre exquis : "I Hate Even Numbers", "Fucking Dracula Clouds", "Beautiful Monolith", "Yellownirvana", "Ships Cloud Mascara", "Dogstar White Ka-pow!", etc. Le dispositif reste le même (Campbell derrière son kit d'électronique). Le volume de sortie, itou.
"Just excoriating blood-drones and blitzkrieg ragas from Nowhere, New Zealand, in search of fleeting moments of infinite density; where everything is louder than everything else, time slows to a crawl, and brains under stress slip into warm, prickly comas. Think the wiggiest Coltrane, the wobbliest Public Image, the most pyromaniacal Conrad, Cale or Maclise. Think Pandit Pran Nath being chewed up by Hanatarash's tropical piranha collection.
Our Love Will Destroy The World arose from the smoldering ashes of the highly esteemed Birchville Cat Motel, who pretty much clogged the earth with over 300 recorded artifacts and stalked the globe on a relentless hunt for the best gig ever. 
At times it has the obliterating rock overload of Black Boned Angel, and often the overpowering envelopment of Birchville Cat Motel, but its a somehow glossier, more sensual take on Campbell Kneale's previous work that satisfies all you've ever wanted from his music in an awe-inspringly gargantuan way."


http://www.myspace.com/ourlovewilldestroytheworld
http://www.youtube.com/watch?v=CyGhEHN9riQ

(Entrée - 10 €)
Concerts à venir :

— Lyrichord, avec Eric Carbonara, Michael Chapman, Steve Gunn, Jesse Sparhawk et William Tyler @ Les Voûtes (vendredi 1er avril 2011)
— Le Révélateur, Jefre Cantu et Jerusalem in My Heart @ Les Voûtes (vendredi 22 avril 2011)
http://alifibgigs.wordpress.com/



Vendredi 11 mars à partir de 19h30.

Soirée Image et société

Projection de films / débats en présence des réalisateurs


— Charcoal Burners, de Piotr Złotorowicz, 15', 2010.
Grand Prix de la compétition internationale du festival Filmer le travail de Poitiers 2011
Chaque été, le travail de Marek et Janina est de brûler du charbon de bois dans les montagnes de Bieszczady. Loin de la civilisation, au coeur des montagnes, ils vivent selon un rythme fixé par la nature.
Plus d'informations : http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=507084.html

— Arena Mexico, réalisé par Anne-Lise Michoud (ex IS), avec au montage Victoria Follonier (ex IS), Imagine, 59'; 2009.
Prix du Jury du Festival Filmer le travail de Poitiers 2010.
Portraits croisés de travailleurs en marge du système, qui occupent chaque jour les espaces publics de la ville de Mexico pour vendre leurs marchandises ou leurs services, avec ingéniosité et fantaisie. On les suit à travers la ville, comme s'ils entraient dans une arène de Lucha Libre, le temps d'une journée, le temps d'un combat. Ils nous révèlent en un spectacle tragi-comique tout leur savoir faire, leurs stratégies de survie et leur façon singulière de se faire une place et de se mettre en scène. Ils se font l'expression vivante et dérangeante d'une situation économique et sociale au bord de la crise.


Jeudi 17 mars 2011 à 19h30.

Ouverture des portes à 19h30 / Films et rencontre à 20h30

Check Check Poto (+ films courts) de Julia Varga
Documentaire, 2009, couleur, HDV, 81 minutes. 
Production : Les Laboratoires d'Aubervilliers

Aubervilliers, le centre Mosaïque, bien nommé. Cette « structure d'accueil » est ouverte aux jeunes de 12 à 17 ans, ils s'y rendent pour tchatcher, prendre le temps d'un somme, d'un goûter ou d'une rencontre. “Check Check Poto” ? Un nom de code adolescent, alliant le geste à la parole, contrat tacite de respect et de distance, celui, précisément, de ce film de Julia Varga. Enregistrer sans se dissimuler, tel est l'objectif : capter les histoires singulières d'une adolescence, ici et maintenant.

Un espace scénique, que la caméra ne quittera pas, et où résonnent hors champ les bruits de la ville, échos d'un dehors qu'on saisit âpre. Rien de spectaculaire, zéro psychologie, nulle typologie, mais le temps offert aux paroles et aux situations pour déplier sous les frimousses tout leur fripé. Travail patient que restitue le choix de longues séquences pour faire place à l'écoute, capter un geste, entre la volonté de jouer au grand et les marques encore de la petite enfance. Des portraits se dessinent, des vies se devinent, mais, déterminant ici, avec la fragilité de cet âge de tous les désirs, de toutes les contraintes, dans ce moment singulier où s'inscrivent ces corps encore incertains. On retrouve certes des histoires de garçons et de filles, d'école, de bagarres, de clans, mais dans tout cela se décrit en creux le rapport à soi, à son image, à la loi, à la transgression, au langage.  (par Nicolas Féodoroff – Fid Marseille 2010)

itinErrance - Projections mensuelles

Cette année, le collectif évolue. A partir du mois de mars, itinErrance prendra la forme de projections régulières, en gardant comme objectifs la programmation de films exigeants et la rencontre entre le public et les auteurs.
A chaque séance, deux films d'un même réalisateur seront mis en regard. Nous avons ainsi voulu ouvrir une réflexion autour d'une démarche d'auteur,  de ses premiers essais cinématographiques à son film le plus récent. Nos envies restent les mêmes que lors du festival : voir ce qui se dessine au fil des films, les cheminements d'un auteur, les passages qu'il emprunte pour affirmer des choix esthétiques et politiques. Un processus, une recherche, un mouvement dans lequel un regard singulier se construit et une oeuvre s'affirme.
En espérant vous retrouver nombreux, chaque mois aux Voûtes, dans ces nouvelles errances cinématographiques...

Prochaines dates :
14 avril 2011
19 mai 2011
16 juin 2011


Mardi 29 mars 2011 à 20h00.

CONCERTS PORTRAITS
Eric Broitmann et Marcelle Deschênes
Concerts acousmatiques et vidéo-acousma

— 20h00 : Eric Broimann
Intégral d'un cycle que se compositeur a initié en 2006
1. «Intérieur-Extérieur»  [12'36] 2006
2. Dans ma tête multiple  [16' 21] 2010
3. Incantation [20'19] 2008

— 21h30 : Marcelle Deschênes
Escale parisienne de la tournée européenne de cette compositrice considérée comme une des pionnières de l'électroacoustique au Canada
1. Big Bang II (1987) 7'40
2. GRIFFES (2000-…) I. Indigo ( 2000) 10:40 / II. Le bruit des ailes (2000, 2002) 10:54
3. Die Dyer (1999) 24:00 acousma-vidéo avec Alain Pelletier (vidéo)

Interprètes : Guillaume Contré et Olivier Lamarche
Infos : Motus avec le soutien de la Spedidam
( Entrée libre )





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